Je viens de recevoir une lettre de mon employeur me notifiant une mise à pied. Que signifie-t-elle exactement ?
La mise à pied dispense de travailler et, par la même occasion, dêtre payé. Quand elle
est ordonnée sans délimitation de durée, les tribunaux estiment qu'elle équivaut à un licenciement sans préavis. Le salarié peut alors saisir le Conseil des Prudhommes s'il conteste cette sanction.
Aucun fait fautif ne peut donner lieu à des sanctions disciplinaires plus de deux mois après la date à laquelle lemployeur en a eu connaissance, à moins d'avoir donné
lieu à des poursuites pénales (s'il s'agit d'un vol, par exemple).
Mon employeur ma mis à pied après lentretien
préalable au licenciement au cours duquel ma été
reproché un détournement de matériel appartenant à lentreprise. Ce fait figure également comme motif de mon renvoi dans la lettre de licenciement que jai ensuite reçue. Est-ce régulier ?
Selon un arrêt rendu par la
Cour dappel de Dijon, le 20 février 1996,
et une jurisprudence
constante en la matière, ce type de licenciement ne repose sur aucune cause réelle et sérieuse.
En effet, pour les mêmes faits (le détournement de matériel), lemployeur a utilisé à votre égard une double sanction (mise à pied ET licenciement). En
conséquence, vous pouvez réclamer le droit à lindemnité légale de licenciement, à lindemnité de préavis, aux congés payés sur le préavis et à des dommages et intérêts en réparation
du préjudice subi, pour licenciement abusif.
Par contre, si la mise à pied est fondée sur un motif
valable, le salarié ne pourra pas toucher dindemnité correspondant à la perte de son salaire pendant cette période.
Une modification du contrat de travail, prononcée à titre de sanction disciplinaire contre un salarié, ne peut lui être imposée. Cependant, en cas de refus du salarié, l'employeur peut dans le cadre de son pouvoir disciplinaire prononcer une sanction autre aux lieu et place de la sanction refusée (Cassation, sociale, 16 juin 2004).
Mon employeur vient de m'adresser une lettre davertissement , où il me
reproche les mêmes faits mentionnés dans un précédent courrier. Il menace de me licencier. En a-t-il le droit ?
Si votre employeur vous a déjà envoyé un avertissement pour une faute, il ne peut vous licencier six mois après pour le même motif. Il aurait dû le faire la première
fois. Il ne peut désormais que se fonder sur des faits nouveaux, postérieurs à la première lettre.